Sportif, artistique, plein air : comment choisir le bon type d'activité pour votre équipe

Comment choisir le bon format de team building (et éviter le piège du miroir)

La plupart des organisations planifient leur team building à l'envers : elles choisissent d'abord une activité qui leur plaît, puis espèrent qu'elle réponde aux besoins de l'équipe. C'est rarement le cas. Voici comment inverser la séquence.

Ce que chaque format peut apporter

Les différents types d'activités de team building ne sont pas interchangeables. Chacun a des forces réelles, à condition d'être utilisé dans le bon contexte.

Les activités sportives (courses d'obstacles, olympiades, défis physiques en équipe) créent de l'adrénaline partagée et font rapidement tomber les barrières hiérarchiques. Elles fonctionnent bien pour célébrer, mobiliser ou redonner de l'élan à un groupe.

Les ateliers artistiques (improvisation, peinture, création collective) offrent un cadre de vulnérabilité partagée dans un contexte non menaçant. Ils favorisent l'écoute, la curiosité et la prise de risque contrôlée.

Les activités en plein air (randonnée, survie, navigation) misent sur le changement d'environnement pour libérer les gens de leurs rôles habituels. L'effort collectif dans un cadre inhabituel crée une solidarité difficile à reproduire en salle de réunion.

Ces forces sont réelles. Mais elles ne se déploient que si le format est choisi pour répondre à un besoin clairement identifié, et non par habitude ou par préférence.

Le piège du miroir

Pierre Lainey, maître d'enseignement au Département de management de HEC Montréal, l'a observé dans sa propre pratique : « Bien souvent, le gestionnaire choisira des activités qui pourraient l'intéresser lui-même, sans nécessairement penser aux besoins des autres. »

C'est le piège du miroir. On choisit l'activité qui ressemble à l'équipe, qui correspond à la culture en place, qui plaira aux personnes déjà engagées. Le résultat prévisible : on renforce ce qui existe déjà.

Pour une équipe en bonne santé, c'est suffisant. Mais pour une équipe qui vit des tensions, un manque de confiance ou des problèmes de communication, reproduire sa propre culture dans un contexte de team building ne change rien aux dynamiques profondes.

Pire encore : le mauvais format peut amplifier ce qu'on cherchait à corriger. Dans une activité trop compétitive, certains membres chercheront à se démarquer individuellement plutôt qu'à collaborer. Lainey est direct là-dessus : « On veut renforcer la collaboration et non pas créer une concurrence entre les individus. » L'intention était bonne. L'activité a produit l'inverse.

Ce que la recherche dit vraiment sur l'efficacité des formats

Une méta-analyse de référence sur le sujet, celle de Klein et ses collègues publiée dans Small Group Research, a passé en revue des dizaines d'études sur le team building en entreprise. Le constat : les interventions bien structurées améliorent significativement les résultats d'équipe, et ce, peu importe le format utilisé.

Mais ce qui explique cet impact, ce n'est pas le type d'activité en soi. C'est la présence d'objectifs clairs, d'un encadrement adapté (clarification des rôles, résolution de problèmes) et d'un espace de réflexion intégré à la démarche. Un même format peut produire des résultats très différents selon la rigueur qui l'entoure.

Autrement dit : le format crée les conditions. La démarche détermine les résultats.

La bonne séquence de décision

La plupart des organisations commencent par la mauvaise étape : elles choisissent le format avant de savoir pourquoi.

La séquence gagnante est inverse. D'abord, nommer clairement le besoin : qu'est-ce qui ne fonctionne pas bien dans cette équipe, et qu'est-ce qu'on veut concrètement améliorer ? Ensuite seulement, choisir le format qui correspond à ce besoin avec une démarche structurée pour en tirer le plein potentiel.

C'est cette séquence qui fait la différence entre une activité agréable et une intervention qui change quelque chose.

Passer à l'action

Chez Latulippe, chaque démarche commence par un diagnostic avant de parler de format. Parce que le meilleur team building n'est pas celui qui plaît sur le coup : c'est celui qui correspond à ce que l'équipe doit réellement traverser.

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