Engagement et épuisement des gestionnaires : ceux qui portent l'équipe ont aussi des limites

L'engagement des gestionnaires recule : ce que révèlent les chiffres

Le rapport State of the Global Workplace 2026 s'appuie sur des données de 2025 recueillies dans plus de 140 pays et territoires. L'engagement mondial des employés y recule à 20 %, son niveau le plus bas depuis 2020.

Chez les gestionnaires, la baisse est plus marquée :

  • 31 % étaient engagés en 2022;
  • 27 % en 2024;
  • 22 % en 2025.

Neuf points perdus en trois ans.

Pendant ce temps, l'engagement des employés sans responsabilité de gestion est resté stable : 20 % en 2022, 19 % en 2025. L'écart entre les deux groupes est passé de 11 points à 3 points.

Ce courant est international.

Ceux sur qui l'on compte pour mobiliser les autres et faire avancer l'entreprise vers sa vision perdent une partie de leur propre mobilisation.

Pourquoi les gestionnaires sont-ils de plus en plus sous pression?

Des équipes plus grandes et moins de temps pour gérer

Aux États-Unis, selon Gallup, le nombre moyen de personnes qui relèvent d'un gestionnaire est passé de 10,9 en 2024 à 12,1 en 2025.

Dans ces données américaines, les gestionnaires qui consacrent plus de 40 % de leur temps à l'exécution sont moins engagés quand leur équipe s'agrandit.

Ce n'est pas seulement la taille de l'équipe qui compte. C'est le temps et le soutien dont dispose le gestionnaire.

Des attentes qui viennent de toutes les directions

Un gestionnaire doit à la fois :

  • atteindre les objectifs de la direction;
  • soutenir et mobiliser ses employés;
  • régler les problèmes opérationnels;
  • accompagner les changements.

Dans « Quand les gestionnaires s'épuisent en silence », la revue Gestion de HEC Montréal décrit une fatigue souvent invisible, derrière une apparence d'efficacité. Elle nomme des rôles flous, trop de réunions, des courriels qui s'accumulent et une reconnaissance faible.

Pourquoi l'épuisement des gestionnaires passe-t-il inaperçu?

De l'extérieur, tout fonctionne. Le gestionnaire est présent aux réunions. Il répond. Il règle les problèmes.

Pourtant, certains signes méritent attention : une irritabilité inhabituelle, moins de disponibilité, des décisions reportées, un retrait progressif.

Ils ne constituent pas un diagnostic. Ils justifient une conversation attentive et confidentielle.

L'épuisement ne s'accompagne pas toujours d'un désengagement visible. Un gestionnaire peut rester investi, et c'est précisément ce qui le rend difficile à repérer.

Plusieurs gestionnaires hésitent à parler. Admettre sa fatigue donne l'impression de remettre en question sa crédibilité. Or la fatigue ne dit rien de la compétence.

Un gestionnaire peut être performant aujourd'hui et incapable de tenir ce rythme demain.

Quel est le coût du désengagement pour l'entreprise?

Quand un gestionnaire manque de temps, d'énergie ou de soutien, toute son équipe en ressent les effets. L'entreprise paie de quatre façons.

1. Une baisse de performance

Dans sa méta-analyse 2024 (183 806 unités de travail, 347 organisations), Gallup compare les unités les plus engagées aux moins engagées :

  • rentabilité supérieure de 23 %;
  • productivité supérieure de 14 % à 18 %;
  • absentéisme inférieur de 78 %;
  • 32 % moins de défauts de qualité.

Ces résultats portent sur l'engagement des équipes, pas seulement celui des gestionnaires. Ce sont des associations statistiques, pas une preuve de cause à effet. Gallup ne précise pas leur portée géographique.

2. Des départs qui coûtent cher

Dans la même analyse, le roulement est de 21 % à 51 % plus bas dans les unités les plus engagées, selon le type d'organisation.

Selon Gallup, remplacer un employé coûte de la moitié à deux fois son salaire annuel. C'est une estimation américaine de 2019, jugée prudente par Gallup.

Pour un gestionnaire, il faut ajouter la perte de la connaissance de l'équipe et des relations établies.

3. Une gestion quotidienne qui s'affaiblit

Gallup avertit que les organisations qui élargissent les équipes sans alléger la charge de travail des gestionnaires risquent de fragiliser le suivi de la performance au quotidien.

Concrètement, des conversations difficiles peuvent être reportées, la rétroaction se raréfier, les attentes devenir floues.

Un gestionnaire surchargé n'a pas moins de compétences. Il a moins de temps pour les exercer.

4. Un coût qui dépasse l'entreprise

Gallup relie aux gestionnaires une bonne part de la baisse mondiale de l'engagement depuis 2023 : huit points perdus chez eux, trois pour l'ensemble des employés.

À l'échelle mondiale, Gallup estime la productivité perdue à cause d'un faible engagement à environ 10 000 milliards de dollars américains en 2025, soit 9 % du PIB mondial. Cette estimation vise tous les employés. Nous abordions ce coût caché du désengagement dans un article précédent.

Quatre actions concrètes pour prévenir l'épuisement des gestionnaires

1. Évaluer la charge de travail réelle

Combien de personnes supervisent-ils? Combien d'heures de réunion par semaine? Quelle part de leur temps va à l'exécution?

Un exercice simple : pendant deux semaines, ils notent ce qui occupe le plus de temps. Pas pour les surveiller. Pour repérer ce qui les empêche de jouer leur rôle.

2. Retirer avant d'ajouter

Chaque nouveau mandat devrait s'accompagner d'une question :

Qu'allons-nous retirer, simplifier ou déléguer pour libérer du temps?

Parfois, aider un gestionnaire, c'est éliminer une réunion inutile ou simplifier un processus.

3. Clarifier les rôles et les décisions

Quand personne ne sait qui décide, qui exécute et qui doit être consulté, le gestionnaire devient le point de passage de tout.

Clarifier les rôles réduit cette dépendance. Les équipes gagnent en autonomie.

4. Briser l'isolement entre gestionnaires

Les gestionnaires ont des espaces pour parler des résultats de leurs équipes.

Mais en ont-ils un pour parler de leurs propres défis?

Cet espace demande de la confiance, des règles de confidentialité claires et une volonté réelle d'agir.

La performance collective : une réponse qui dépasse le gestionnaire

Demander à un gestionnaire épuisé de mieux gérer son stress ne règle pas le problème. Ces gestes peuvent l'aider. Ils ne remplacent pas un regard sur ses conditions de travail.

Quand un gestionnaire s'épuise, il faut aussi regarder comment l'organisation fonctionne autour de lui.

Notre volet Performance collective part de ce constat : « Ce n'est pas la stratégie qui fait défaut. C'est l'exécution collective. »

Chez Latulippe, nous travaillons à partir des situations réelles de l'organisation. Cela peut comprendre :

  • le coaching de leaders face à leurs défis de gestion;
  • l'accompagnement d'équipes clés;
  • la clarification des responsabilités et des modes de fonctionnement;
  • la mesure et l'ajustement des pratiques de soutien.

Ce genre de changement prend du temps, comme nous l'expliquons dans notre article sur les 90 jours pour transformer une équipe désengagée en équipe alignée.

Le codéveloppement : ne plus porter seul les défis

Le codéveloppement professionnel répond directement à la quatrième action.

Chaque gestionnaire présente une situation réelle. Ses pairs l'aident à trouver des pistes applicables, accompagnés d'un coach professionnel certifié.

L'objectif n'est pas d'en demander plus aux gestionnaires. C'est de leur donner un espace pour réfléchir autrement.

Une précision : il ne remplace pas un changement de structure quand la charge de travail est excessive.

Soutenir les gestionnaires, c'est soutenir leurs équipes

Cette responsabilité ne peut pas reposer sur les seules épaules des gestionnaires.

La réponse ne consiste pas seulement à développer de meilleurs gestionnaires. Elle consiste aussi à créer de meilleures conditions pour leur permettre de gérer, d'atteindre les objectifs de l'organisation et d'assurer le soutien et la bienveillance dont leurs équipes ont besoin.‍

Vos gestionnaires doivent-ils composer avec une charge de travail grandissante ou des enjeux de collaboration entre les équipes?

Parlons de votre réalité.

Contactez-nous dès aujourd'hui pour une consultation gratuite.

Références externes

‍

Questions?
Let's talk about your needs.

Human capital is the greatest asset of any successful business. Latulippe operates on the principle that while progress is certainly important for businesses, it only holds true value if it is continuous and sustainable.

Contact us
Contact us
Collègues riant dehors pendant que deux hommes manipulent un long tube blanc lors d'un jeu de team building
Articles

Discover more articles

Ready to transform your teams?

They trust us:
Logo client UAP
Logo client SKILLS Competences Canada
Logo client UAP
Logo client SKILLS Competences Canada
Logo client UAP
Logo client SKILLS Competences Canada